Minisi Kibaya signifie "les nouvelles de Minissia". Nous essayons de compiler dans cette réubrique toutes les nouvelles qui se rapportent de près ou de loin au village de Minissia et de nos projets.

Vous constaterez les effets de la sécheresse avec ce champs de maïs brulé par le soleil.
En second lieu les parents d'élèves s'activent pour trouver un abri (hangar) pour les enfants qui doivent aller au collège.
 


LA POPULATION DE MINISSIA ENTRE « ANGOISSE ET ESPOIR »


Minissia, village situé à 134 km au nord-ouest de Ouagadougou capitale du Burkina Faso, pays des hommes intègres est confronté aujourd’hui à une situation mi-figue mi-raisin.
En effet la population de ce village de la commune de Là-Toden qui vit essentiellement de l’agriculture et d’un petit élevage timide de moutons, chèvres, cochons quelques vaches et poulets est aujourd’hui victime d’ une campagne agricole 2010-2011 très capricieuse avec un début très difficile étant entendu que les pluies qui devaient faire démarrer la saison se sont fait attendre pendant longtemps chose qui a porté un retard rarement égalé des semis des céréales.
Il faut noter que les spéculations agricoles des braves paysans sont très variées et on peut citer : le sorgho (rouge et blanc), le petit mil, le riz, le niébé, le sésame, les arachides, quelques légumes saisonnièrs (aubergine, gombo, oseilles, bissape, etc.).
La situation pluviométrique apparait très hétérogène avec des zones localement excédentaires et d’autres déficitaires provoquant parfois des inondations et des déficits pluviométriques marqués, créant au plan agricole des stress hydriques. Il s’avère ainsi une forte variabilité spatio- temporelle des conditions pluviométriques.
A nos jours les paysans ne savent plus à quel saint se vouer vu que l’état végétatif des céréales  se présente diversement, ce qui n’augure pas une bonne récolte pour certains (angoisse) par contre d’autres ont des champs qui montre une physionomie satisfaisante, signes d’une bonne récolte en prévision  (espoir). Cette situation s’explique par le fait que malgré le retard accusé par les pluies, les quelques unes qui sont tombées n’ont pas couvert toute la zone créant ainsi des poches de sécheresse.
L’issue globale de la saison des pluies 2011 apparait incertaine, elle dépendra fortement du caractère précoce ou tardif de l’arrêt de la saison des pluies.
Non content de cette situation alimentaire aléatoire, vient se greffer le problème de l’éducation des enfants dont des esquisses de solutions étaient en perspective avec l’intervention de la république japonaise qui annonçait la construction d’un collège pour l’année scolaire 2011-2012, chose qui n’a pas eu lieu pour les raisons qu’on connait.  
Ainsi, l’école de Minissia qui depuis l’année 2000, avec le soutien de ALFA, fait de bons résultats aux examens de fin d’année, a connu pour 2011, des résultats jamais égalés, ainsi sur 44 candidats au CEPE et à l’entrée en sixième, on a enregistré 41 admis au CEPE et 39 à l’entrée en sixième. A ces 39 gosses viendront s’ajouter ceux de 5 autres écoles qui sont d’office orientés au collège de Minissia.
Tout en sachant que l’Etat a montré son incapacité par son insouciance face l’éducation des enfants, les parents doivent malgré leurs moyens très limités s’occuper des infrastructures pour recevoir les élèves et même au-delà trouver des moyens pour intéresser les professeurs.
Là aussi n’est-ce pas un espoir pour les parents de voir leurs enfants accéder à l’enseignement secondaire et aussi une angoisse pour eux de trouver des moyens pour accompagner la formation de ces bambins ?

Un champ de mil "normal", tel qu'il devrait être à cette saison.




Le vendredi 29 juillet 2011 a eu lieu à Minissia, l’inauguration d’une mosquée de vendredi. Un nouveau lieu de prière de vendredi où tous les musulmans de Minissia et des villages environnants peuvent se réunir pour des motifs religieux.

La construction de cette mosquée est consécutive à une rencontre entre un ressortissant de Minissia et un responsable d’une ONG nommée « QATAR CHARITY ». Cette rencontre a permis à notre confrère de comprendre un tant soit peu les domaines d’intervention de cette ONG qui sont essentiellement la construction des mosquées, les forages, les écoles franco-arabes, etc. Pour le cas-ci, l’obtention de la mosquée était plus facile que les autres et cela se comprend aisément en espérant soumettre à l’avenir autre chose.

L’inauguration de la mosquée a vu la présence du Maire de Là-Toden, d’un représentant de QATAR CHARITY ?des représentants des services administratifs de la Mairie, des ressortissants de Minissia à Ouagadougou, Bobo et ailleurs, des chefs des différents villages environnants et d’un public très nombreux.

A cette occasion, plusieurs personnes ont pris la parole et ont successivement félicité l’ONG qui a bien voulu mettre ce joyau à la disposition des fidèles musulmans et du même coup sonne le rassemblement des populations car elles retrouvent un lieu où elles accomplirons leur rites religieux et discuteront aussi du développement du village et enseigneront la paix et la tolérance.
La cérémonie a pris fin avec un repas commun, quand bien même les non musulmans se sont retrouvés assez distant de la mosquée pour se livrer à la consommation de leur breuvage préféré, j’ai nommé le « dolo » (bière locale de mil). Comme quoi ce sont mêmes à la mosquée, au temple protestant, à l’église catholique et dans les cases à fétiche. Pourvu que chacun se retrouve !!!!

  • Kibaré 1

Le village de Minissia à l’instar des villages environnants, organise le « SOUKOU » ou fête des masques. Le soukou comme le « Sigré » est une fête coutumière annuelle qui est célébrée généralement vers la fin du mois de mai.
Le soukou est géré par le « Siko-naaba »( le chef du soukou)
Le soukou est encore une occasion de renouer les relations entre les vivants et les morts ainsi :
Le jour de la fête est annoncé par un crieur public pour trois semaines, et durant tout ce temps, aucune autre manifestation ne se tient dans le village sous peine de sanction pour les auteurs.
Les masques sont considérés comme des extra-terrestres et descendent du ciel la veille de la fête.
En effet la veille au soir tous les masques sortent de la forêt et rejoignent les concessions des responsables de quartier. Il est à noter que chaque quartier a son ou ses masques et est tenu de les embellir pour la fête.
Ce même soir, beaucoup de bêtes seront abattus par les chefs de famille individuellement ou collectivement (bœufs, ânes, cochons, chèvres, moutons etc.), sans oublier que chaque concession a prévu un cabaret (dolo).
Le jour de la fête, le matin chaque chef de quartier fait sortir son masque et  chaque membre de la famille apporte un poulet pour tuer sur le masque pour demander qu’il intercède auprès des ancêtres  sa protection.
En début d’après midi, le siko-naba accompagné de certains masques sortent l’emblême du soukou et passent devant les tombes des anciens « siko nanamsé » (pluriel de siko-naba), verse de l’eau et du dolo, égorge un poulet et demande sa protection. Des tombes des siko’nanamsé, l’équipe se dirige vers le « tinkougri » (la pierre du village : lieu de rencontre du village) pour faire encore des offrandes et des promesses.
Dans la soirée, les masques sortent à tours de rôle et dansent accompagnés de tous ceux qui veulent danser et cela dure trois à quatre jours.
Encore une occasion de rencontre entre parents et amis, se faire des présents etc. …
Cette fête commence le 28 mai et se poursuivra sans doute jusqu’au 31 mai et verra la participation des villages environnants, surtout que généralement il y a à boire et à manger et aussi de quoi se rincer les yeux.

  • Kibaré 2

La plate-forme multifonctionnelle tire vers sa mise en service : le bâtiment est terminé, le moulin est monté et il ne reste que la mise en service. Il est à noter qu’un réseau de ligne électrique de 1000m sera construit pour alimenter l’école le centre médical, la mosquée, le temple, l’église catholique et le marché et bien sûr quelques voisins.

  • Kibaré 3

Il a été notifié au village sur convocation de son chef à Yako comme quoi la voie Yako- Koudougou sera bientôt bitumée. Bonne nouvelle mais  « wait and see »

Depuis plus de 10 ans, le village de Minissia a perdu son chef de village, et le village était sans un chef coutumier. La nouvelle aujourd'hui, le "kibaré", singulier de "kibaya", est que depuis le 17 février, le fils du chef défunt a été intronisé sur le trône de son père défunt. Cette intronisation a fait l'objet de cérémonies pendant 4 jours. Ainsi après la désignation par des sages du village, l'élu doit se rendre dans le village de "Baribsi"situé à une dizaine de km au nord de Minissia et le chef de ce village l'accompagne dans le village de "Loungo" où réside le chef de canton qui lui remet la tenue et le bonnet qui sont les insignes de son autorité sur le village. Le nouveau chef est ensuite accompagné par une foule nombreuse dans son village. Arrivé il ya encore des rites à faire avant de rejoindre son palais. Ce kibaré fait partir des kibaya de Minissia en ce début d'année 2011. Aux suivants!!!!!!